19 juin 2024 Titisee - Grächen
Le soleil brillait sur Titisee lorsque les téléphones des gnous se mirent à vibrer. Ils descendirent prendre un petit-déjeuner idyllique surplombant la terrasse et le lac. Les questions fusaient: que nous réserverait la journée? Quel temps ferait-il? Les 100 kilomètres d’autoroute entre Laufenburg et Lucerne viendraient-ils à bout de nos nerfs ? La visibilité serait-elle bonne au Grimselpass?
La seule manière de le savoir était de sortir nos 8 roues et 12 cylindres pour en avoir le cœur net. Nous les sortîmes du garage et commençâmes à les arrimer.
Nous longeâmes la rive Nord-Ouest du lac; Notre évolution en terrain quasi plat était baigné de la généreuse lumière matinale de notre astre. A Feldberg-Barental nous obliquâmes vers le Schluchsee dont nous n’effleurâmes que la rive nord pour nous obliquer vers Sankt Blasien. Nous longeâmes ensuite l’Alb jusqu’à Tiefenstein et descendîmes vers la frontière confédérée où nous franchîmes le Rhin. Nous avions convenu de nous arrêter dès notre entrée en Helvétie pour peaufiner notre itinéraire, vérifier la longueur du tronçon autoroutier et désactiver les données cellulaires de nos téléphones.
Pris par l’enchantement de notre parcours, nous oubliâmes nos résolutions et prîmes l’ignoble autoroute que nous abhorrons tous. Cela nous permettrait d’éviter de traverser les faubourgs des villes du nord du pays et de gagner au moins 2 heures sur le parcours. Les premiers tours de roues ne posèrent aucun problème mais les fourmis conquirent peu à peu nos mollets, nos pieds et nos cuisses sans parler de nos avant-bras, de nos coudes et de nos nuques. La torture s’accompagnait d’un respect quasi angélique des limites de vitesse. Nul ne voulait avoir maille à partir avec la Polizei.
Après 98 kilomètres de ce calvaire, alors que nous contournions Lucerne, Papa Gnou n’y tint plus et pris la tête de la troupe pour bifurquer vers une halte qui n’offrait qu’un Holiday Inn et un Burger King. Nous lui objectâmes qu’il restait à peine une poignée de kilomètres de ce supplice et qu’une pause dans un endroit aussi incongru nous privait d’une halte dans un endroit bien plus apprprié. OK mais n’en pouvais plus, dit-il sentencieusement. Nous reprîmes notre itinéraire pour nous éloigner aussitôt de cette ignoble autostrade et la route se fit soudain délicieuse et ensoleillée. Nous évoluions vers Rengg pour rejoindre Entlebuch d’où nous attaquerions l’Obwald. La matinée ayant depuis longtemps égrené ses dernières minutes nous décidâmes de faire une courte halte à Gfellen où Papa Gnou fit diète d’une simple glace au chocolat nappée de sauce et surmontée d’un impressionnant cône de chantilly. Pendant ce temps, nous dégustions des schnitzels de poulet.
L’asphalte criait son désir de nous voir la fouler à nouveau et nous laissâmes cette Stubli pour descendre vers les lacs de Sarnen et de Lungern. L’itinéraire concocté par Calimoto nous ébahissait à chaque instant; était-il possible d’appréhender tant de beautés en aussi peu de temps?
La route du col de Grimsel était fort fréquentée par moult motards, voitures de sport, cyclistes, camions et bus: tout ce qui roulait s’y trouvait et seules les pierres ne roulaient pas.
Un groupe de chinois en Porsche décapotables semblait apprécier la nature sans vraiment profiter des mécaniques qu’ils avaient dans les mains. Nous nous jouâmes de tous ces importuns qui nous encombraient le passage et nous forçaient à sortir nos derniers chevaux de l’écurie pour flirter avec le rouge du compte-tours. L’exercice exigea de nous pugnacité, opiniâtreté et virtuosité afin de nous jouer des obstacles fixes et mobiles qui jonchaient notre asphalte. Peu avant le col, les chinois porschistes firent halte pour immortaliser de quelques selfies leur passage dans ce haut lieu des Alpes. Nous atteignîmes l’hospice et le col sans mettre pied à terre de peur d’être à nouveau confrontés aux asiatiques montés sur leurs mécaniques germaniques.
La descente vers Oberwald fût beaucoup moins encombrée et nous pûmes profiter au maximum des virolos et de la fraîcheur de l’ombre que nous prodiguaient les sapins qui bordaient la route. Nous avions franchi la source du Rhône sans même nous en apercevoir. Nous étions quasi seuls, en tête à tête avec le macadam.
Peu à peu la vallée s’encombra à nouveau d’humains et nous anticipâmes longtemps notre arrivée à Visp d’où nous pourrions enfin bifurquer en direction de Zermatt et de Saas-Fee pour atteindre Grächer ou nous comptions loger.
Grächerhof est un agréable hôtel situé dans le centre. Nous posâmes nos bagages et Papa Gnou s’aperçût horrifié que son porte-feuille manquait à l’appel; il était vraisemblablemen5 resté à Titisee. On appela l’hôtel Treschers qui confirma que le précieux objet était en bonnes mains et qu’il serait retourné à son propriétaire. Rassurés, nous pûmes prendre notre repas du soir sans arrière-pensée.
La seule manière de le savoir était de sortir nos 8 roues et 12 cylindres pour en avoir le cœur net. Nous les sortîmes du garage et commençâmes à les arrimer.
Nous longeâmes la rive Nord-Ouest du lac; Notre évolution en terrain quasi plat était baigné de la généreuse lumière matinale de notre astre. A Feldberg-Barental nous obliquâmes vers le Schluchsee dont nous n’effleurâmes que la rive nord pour nous obliquer vers Sankt Blasien. Nous longeâmes ensuite l’Alb jusqu’à Tiefenstein et descendîmes vers la frontière confédérée où nous franchîmes le Rhin. Nous avions convenu de nous arrêter dès notre entrée en Helvétie pour peaufiner notre itinéraire, vérifier la longueur du tronçon autoroutier et désactiver les données cellulaires de nos téléphones.
Pris par l’enchantement de notre parcours, nous oubliâmes nos résolutions et prîmes l’ignoble autoroute que nous abhorrons tous. Cela nous permettrait d’éviter de traverser les faubourgs des villes du nord du pays et de gagner au moins 2 heures sur le parcours. Les premiers tours de roues ne posèrent aucun problème mais les fourmis conquirent peu à peu nos mollets, nos pieds et nos cuisses sans parler de nos avant-bras, de nos coudes et de nos nuques. La torture s’accompagnait d’un respect quasi angélique des limites de vitesse. Nul ne voulait avoir maille à partir avec la Polizei.
Après 98 kilomètres de ce calvaire, alors que nous contournions Lucerne, Papa Gnou n’y tint plus et pris la tête de la troupe pour bifurquer vers une halte qui n’offrait qu’un Holiday Inn et un Burger King. Nous lui objectâmes qu’il restait à peine une poignée de kilomètres de ce supplice et qu’une pause dans un endroit aussi incongru nous privait d’une halte dans un endroit bien plus apprprié. OK mais n’en pouvais plus, dit-il sentencieusement. Nous reprîmes notre itinéraire pour nous éloigner aussitôt de cette ignoble autostrade et la route se fit soudain délicieuse et ensoleillée. Nous évoluions vers Rengg pour rejoindre Entlebuch d’où nous attaquerions l’Obwald. La matinée ayant depuis longtemps égrené ses dernières minutes nous décidâmes de faire une courte halte à Gfellen où Papa Gnou fit diète d’une simple glace au chocolat nappée de sauce et surmontée d’un impressionnant cône de chantilly. Pendant ce temps, nous dégustions des schnitzels de poulet.
L’asphalte criait son désir de nous voir la fouler à nouveau et nous laissâmes cette Stubli pour descendre vers les lacs de Sarnen et de Lungern. L’itinéraire concocté par Calimoto nous ébahissait à chaque instant; était-il possible d’appréhender tant de beautés en aussi peu de temps?
La route du col de Grimsel était fort fréquentée par moult motards, voitures de sport, cyclistes, camions et bus: tout ce qui roulait s’y trouvait et seules les pierres ne roulaient pas.
Un groupe de chinois en Porsche décapotables semblait apprécier la nature sans vraiment profiter des mécaniques qu’ils avaient dans les mains. Nous nous jouâmes de tous ces importuns qui nous encombraient le passage et nous forçaient à sortir nos derniers chevaux de l’écurie pour flirter avec le rouge du compte-tours. L’exercice exigea de nous pugnacité, opiniâtreté et virtuosité afin de nous jouer des obstacles fixes et mobiles qui jonchaient notre asphalte. Peu avant le col, les chinois porschistes firent halte pour immortaliser de quelques selfies leur passage dans ce haut lieu des Alpes. Nous atteignîmes l’hospice et le col sans mettre pied à terre de peur d’être à nouveau confrontés aux asiatiques montés sur leurs mécaniques germaniques.
La descente vers Oberwald fût beaucoup moins encombrée et nous pûmes profiter au maximum des virolos et de la fraîcheur de l’ombre que nous prodiguaient les sapins qui bordaient la route. Nous avions franchi la source du Rhône sans même nous en apercevoir. Nous étions quasi seuls, en tête à tête avec le macadam.
Peu à peu la vallée s’encombra à nouveau d’humains et nous anticipâmes longtemps notre arrivée à Visp d’où nous pourrions enfin bifurquer en direction de Zermatt et de Saas-Fee pour atteindre Grächer ou nous comptions loger.
Grächerhof est un agréable hôtel situé dans le centre. Nous posâmes nos bagages et Papa Gnou s’aperçût horrifié que son porte-feuille manquait à l’appel; il était vraisemblablemen5 resté à Titisee. On appela l’hôtel Treschers qui confirma que le précieux objet était en bonnes mains et qu’il serait retourné à son propriétaire. Rassurés, nous pûmes prendre notre repas du soir sans arrière-pensée.